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Aborder la classification du vivant.

Comment aborder la classification à partir de l’étude et de l’observation des êtres vivants ?







Classer, c’est nommer. L’utilisation des mots n’est jamais une chose anodine car ils permettent de catégoriser. En Sciences, les mots permettent de rendre intelligible le monde décrit, en l’occurrence le monde vivant pour ce qui nous concerne. Nommer justement le monde vivant c’est le comprendre.

Devant les menaces qui pèsent sur la biodiversité : risques d’extinction de certaines espèces, effondrements de certaines populations et destruction de biotopes, il devient urgent de réagir. Mais comment protéger, défendre des êtres vivants si l’on ne sait les nommer, les décrire justement. On ne peut protéger correctement que ce que l’on connaît correctement. Le but ici est d’appréhender la classification du vivant comme un outil permettant de mieux connaître les êtres vivants et les liens qui les unissent.

 Etape 1 : classer des animaux.

Objectifs :
- Décrire les espèces : établir le niveau de description et faire émerger le vocabulaire anatomique ;
- Distinguer : ranger, trier, classer ;
- Faire émerger des critères de classification pour finalement classer les êtres vivants en fonction de ce qu’ils ont ;
- Faire émerger des ensembles emboîtés ;

A partir d’une série de photos d’animaux divers, demander aux enfants de classer les animaux en fonction de critère qu’ils devront justifier. Le travail se fait par groupe. Lors de la mise en commun des résultats des classements, chaque groupe expose et justifie ses choix. De façon générale, les enfants ont tendance à classer les animaux en fonction de « ce qu’ils font », « où ils vivent »... Les confusions entre analogie (comparaison des fonctions) et homologie (comparaison des structures) apparaissent. Des comparaisons peuvent alors être faites entre, par exemple l’aile de la chauve souris, l’aile de l’oiseau et l’aile des insectes.

exemple de planche d'animaux

Après l’exposé de chaque groupe, nous pourrons remarquer que les critères de classement et les classements eux-mêmes peuvent être différents et que par le choix de certains critères, certains animaux peuvent se retrouver dans différents groupes : les critères de classement alors choisis ne semblent pas pertinents car certains espèces peuvent se retrouver dans des groupes différents.

Il est alors proposé de choisir comme critère de classement : « ce que les animaux ont ».

NB : les animaux peuvent être choisis au sein d’un même écosystème étudié au préalable. Les enfants auront pu ainsi commencer à décrire, nommer, dessiner les différentes espèces rencontrées.

 Etape 2 : former les ensembles emboîtés.

Objectifs :
- Décrire les espèces : établir le niveau de description et faire émerger le vocabulaire anatomique ;
- Classer les êtres vivants en fonction de ce qu’ils ont ;
- Réaliser des ensembles emboîtés ;

Cette étape consiste à faire émerger les différents groupes d’animaux possédant des attributs communs ( qui ressemble le plus à qui ?) et ainsi construire les ensembles emboîtés.

Les enfants, toujours par groupe classent les animaux en fonction de ce qu’ils ont. Lors de la mise en commun, il est construit collectivement et progressivement des ensembles d’animaux ayant des traits communs. Certains de ces ensembles se confondent et forment ainsi des ensembles emboîtés car certains animaux ont des traits de ressemblances communs ( des attributs communs).

NB : lors de cette étape, un vocabulaire précis est donné dans la description des animaux et notamment des attributs selon l’âge des enfants.

 Etape 3 : construction de l’arbre phylogénétique.

Objectif :
- Dessiner un arbre à partir des ensembles emboîtés ;

La réalisation des ensembles emboîtés va permettre de poser une question : Pourquoi certains animaux ont-ils des attributs en commun ?

Ces attributs ont été hérité d’un ancêtre commun qui possédait ces attributs. L’analogie pourra être faite avec l’héritage de certains traits physiques entre les enfants et leurs parents, grands parents et même leur-s frère-s ou sœur-s.

Il est alors aisé de s’appuyer sur la notion d’arbre généalogique et de là transposer les ensembles emboîtés en arbre en s’appuyant sur la répartition des attributs.

 Etape 4 : « jouer » avec l’arbre.

Les enfants peuvent ensuite :
- « Compléter » l’arbre à partir d’autres espèces animales en rédigeant des fiches mettant en évidence les attributs spécifiques de ces espèces ;
- Construire d’autres arbres « thématiques » en fonction d’autres écosystèmes ;
- Compléter, voire complexifier l’arbre en ajoutant des branches ;

En fonction de l’âge des enfants, les espèces étudiées, le degré de complexité de l’arbre, des attributs et du vocabulaire utilisé peut être modulé. L’exemple donné ici aborde les espèces animales.

 Et la place de l’Homme ?

Quelle finalité dans la construction de l’arbre phylogénétique du vivant ?

Il me parait essentiel de replacer l’Homme au sein de la classification : avec ses attributs, il fait parti intégrante des espèces animales. L’Homme n’est pas au dessus , ni au sommet du règne animal.

Il s’agit de rompre avec l’anthropocentrisme, l’essentialisme spontané (« ils ont 6 pattes parce que ce sont des insectes ») mais de renforcer la compréhension de l’évolution biologique des espèces, de mieux appréhender la science de la classification et l’évolution des espèces.

 Bibliographie

Auteurs

Cariou F., Duco A., Guillot G., Lebas Cl., Lecointre Gu., Le Louarn M.L., Mardelle P., Nicol E., Haessig Th., Visset D., Giordan A. (2008). Comprendre et enseigner la classification du vivant. Belin : Paris.

Site web

http://www.fondation-lamap.org/

Jean-François BEYLIER



Beylier,
date de publication : 11 mars 2015,
date de dernière mise à jour : 6 mars 2015


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