Activité : visite de Tunis (Médina)

La visite de la Médina de Tunis permet d'aborder des questions de techniques (artisanat), d'économie (la ville et la campagne...), d'histoire, (...) Voir descriptif détaillé

Activité : visite de Tunis (Médina)

La visite de la Médina de Tunis permet d'aborder des questions de techniques (artisanat), d'économie (la ville et la campagne...), d'histoire, (...) Voir descriptif détaillé

Se mettre dans la peau d’un producteur de blé, du 19e s. Arriver de la campagne, par la route qui vient des grandes plaines à blé et rejoindre le centre en traversant différents quartiers : vendre son blé, acheter un bonnet (chéchia) et du tissu, visiter son fils qui étudie à l’université (grande mosquée), se laver, passer une nuit dans un caravansérail (en pensée, on peut être logé ailleurs), ressortir par un autre faubourg pour passer par les fabricants d’instruments de musique afin d’acheter un hautbois (zokra).

Arrivée depuis la route de Mateur, passer par Manouba pour voir les silos et la ligne de chemin de fer qui à partir du 20e siècle a servi au transport du blé, longer la ligne des remparts (aujourd’hui disparus) jusqu’à la place du Morkadh (en voiture ou bus). Remarquer la lagune du Sijoumi, constater la présence des flamants roses, traverser le quartier de Mallassine (potiers), rappeler l’histoire des juifs qui dans la période troublée du 11e siècle, ont été installés intra-muros pour les protéger (ce qui deviendra le quartier juif, jusqu’au milieu du 20e siècle).

On entre dans le Tunis historique par le faubourg de Bab Jedid à l’ouest : place des chevaux, des ovins, le blé, la laine ... vente du blé (en pensée, la vente du blé ne se fait plus ici : où se fait-elle aujourd’hui ? discussion : Office du blé, question stratégique). C’est l’occasion de parler des différentes variétés de blé, de l’économie, de la cuisine,.... Tracé des rues : rectilignes, des places, la place du Morkadh : publique, lieu historique de réunion et de discours politiques, parallèle avec d’autres lieux tel la place Jema` al-Fana’ de Marrakech.

Installation pour se loger une nuit (en pensée) : visite d’un caravansérail dans le faubourg de Bab Jedid (il y en a plusieurs), les marchandises dans des magasins organisés autour d’un grand patio où on installe les bêtes, des cellules à l’étage pour les commerçants, les caravansérails sont organisés par régions ou par corporations, parallèle avec les caravansérails des autres villes : Venise (fundaco dei Turchi...), en Espagne (El corral del Carbón, à Grenade, devenu théâtre), en Iran (Le caravansérail de Zeinodin, à Zeid, en Iran, sur la Route de la soie), au Caire (Wekalet El Ghouri), en Chine ( Tash Rabat, Kirghistan)...

Architecture du caravansérail, rôle social, l’entrée sans chicane, quelques mots sur la vision orientaliste, la peinture, l’image de la femme et des moeurs, les explications a posteriori en fonction d’un paradigme, esprit critique à partir de la comparaison des vestibules avec ou sans chicanes dans le caravansérails, les Hammams, les zaouias, les demeures privées... On peut prévoir une série d’images de peintures orientalistes de ces mêmes lieux.

On se lave (réellement) dans un bain maure (Hammam, faire un groupe de garçons, par exemple au Hammam Kachachine, et un groupe de filles, par exemple au hammam de la rue des juges) : parallèle avec les thermes antiques, notamment les thermes d’Anthonins à Carthage (20km) d’ici. Se pose la question de l’alimentation en eau potable : Les sources de Zaghouan, l’aqueduc romain pour alimenter Carthage et la bretelle hafside pour alimenter Tunis. Les citernes (impluviums), les puits, la gestion des précipitations (collecte par les terrasses vers les impluviums, les pavés permettent à l’eau de rejoindre la nappe, peu d’eau ruisselle, la topographie permet de diriger l’eau vers le Lac de Tunis après avoir nettoyé les rues et être passé par les industries consommatrices d’eau (teinturiers, tanneurs). Discussion sur les techniques de construction pour les terrasses, pour la pose des pavés.

Traversée de la seconde ligne d’enceinte pour quitter le faubourg et entrer dans la Médina centrale (par Bab Jedid : auprès des forgerons le paysans récupère les faux qu’il a commandées (en pensée, on ne fabrique plus de faux. Que fabriquent les forgerons aujourd’hui ? discussions avec eux).
Remarque sur le tracée des rues : sinueux et étroits, les bâtiments sont plus hauts. Rôle défensif, comparaison avec l’urbanisme dans d’autres villes médiévales (italiennes : Venise, espagnoles : Grenade..., françaises : Aix, Tarascon..., algériennes : Alger, Constantine..., allemande : Rothenburg en Bavière...).

Traversée de quartiers résidentiels puis à nouveau de quartiers industriels et commerçants, au fur et à mesure que l’on se rapproche du centre : organisation du travail, les industries liées à la campagne et les industries sales sont en périphérie, puis les quartiers résidentiels du centre, puis les commerces et industries propres (tisserands, soies, bonnets, parfums...) et tout au centre la mosquée-université.

Les étudiants de la Grande Mosquée (Zitouna) : évolution de l’enseignement, âge d’or puis déclin de la science et transmission à l’Europe...

A partir des différentes façades de la Grande Mosquée, comprendre comment la ville a changé de façades avec l’évolution des puissances et des économies méditerranéennes : à partir des 16e-17e siècles, la façade nord-est prend la place de la façade sud-ouest, la ville se tourne (à nouveau) vers la mer.

L’étudiant habitait dans une Medersa. Financement des études, prise en charge par les tunisois, rôle des fondations de main-morte...

Lecture d’un poème au-dessus sur un fronton.

La nuit, suivant la saison, il est possible de voir passer les flamants roses qui partent ou arrivent d’Afrique ou d’Europe, ou tout simplement qui traversent le ciel de Tunis pour passer du Lac Sijoumi au Lac de Tunis. Ils rasent les toits de Tunis, qui se trouve sur une colline. À l’aube, l’appel à la prière peut être un moment mystique qui amène à une discussion sur le rôle des religions polythéistes ou monothéistes et leurs rôles social, politique, ou comme travail individuel où la relation à Dieu est introspective...

Prise de petits-déjeuners dans la rue, on croise les premiers ouvriers et artisans qui entament leurs journées de travail. Que mange-t-on : du sorgho, une céréale proche du mil, qui ancre le pays dans ses racines africaines, puis un jus d’orange, fruit méditerranéen originaire du sud de l’Asie.

Des ponts reliant les disciplines peuvent être faits à tous les niveaux. Par exemple : la visite d’un lieu amène aux questions d’architecture, de construction, de peinture orientaliste, d’art, de classes sociales, de localisation de ce lieu dans la ville en fonction de son rôle économique et de son fonctionnement (urbanisme, techniques,...)

L’orientalisme pose des questions sur l’identité, comment les autres voient les habitants d’un pays, comment ils se voient... comment l’orientaliste parle indirectement de lui en parlant des autres... Comment des paradigmes orientent le regard,... Qu’est-ce que l’objectivité ? Il n’est pas obligatoire d’aborder toutes ces questions, mais toutes peuvent l’être. Les longs développements ne sont pas nécessaires, il s’agit d’ouvrir des questions et d’entamer des réponses pour quelques-unes.

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