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De l’avoir

La surconsommation nous mène par le bout du nez







DE L’AVOIR

Ah ! comme il est bon de pouvoir posséder tout ce que nous désirons, objets, informatique, vêtements, nourriture, véhicules, loisirs. Nous sommes de plus en plus comblés matériellement et beaucoup ne demandent pas mieux. Quel plaisir de posséder tout ça ; nous en ressentons une telle joie !

Notre sacro-sainte consommation nous a poussé jusqu’à l’extrême : comme des enfants gâtés, nous étouffons sous nos montagnes de biens en nous persuadant de notre chance et de notre bonheur. Les problèmes viennent d’ailleurs mais surement pas de nous ! Quel mal y a t-il à prendre ce que le monde nous propose ?

Depuis des décennies, nos sociétés modernes nous proposent sans cesse plus de biens, continuellement proposés dans d’innombrables modèles, multipliant les formes et les couleurs pour satisfaire davantage de personnes. Les « pléthores » de la consommation. Les mêmes biens pour tous, les mêmes enseignes qui nous vendent les mêmes modèles.

Nous sommes passés de l’achat nécessaire utilisé toute une vie à l’achat plaisir consommé sur le moment. Peu nous importe l’utilité de l’achat, ce que l’on veut c’est ressentir le plaisir de la possession de l’objet. Là, nous jouissons de notre liberté individuelle. Quel bonheur !

Nos gouvernements nous rappellent que nous devons rester dans une production croissante indispensable à des économies fortes. Et nous répondons présents pour écouler les stocks sans prendre conscience de l’obsolescence programmée des biens manufacturés.

Pourquoi ce besoin de consommer ?

Les entreprises de distribution influencent nos comportements et nous amènent là où nous ne voulons pas aller. Leurs études sur le comportement humain et sur les habitudes de consommation, les ont amenées à retravailler le sens de circulation dans les magasins, la taille des paquets, leur couleur, les odeurs, etc. dans une logique d’influence de l’acheteur. L’agencement des surfaces de distribution (alimentaire, bricolage, jardinage..) est conçu spécialement pour nous pousser à l’achat dans une loyale consommation. Nous sommes aussi en cause personnellement, l’acte d’achat étant pour certains un acte de jouissance, de pouvoir, d’anti-déprime. J’achète, donc je suis !

La surconsommation alliée des déchets

Nous achetons sans réfléchir aux conditions de fabrication, aux produits et matériaux utilisés, aux lieux de fabrication, aux fabriquants, à leur utilité. Seul compte notre achat et, sur le reste, nous fermons les yeux car nous n’avons pas appris à nous questionner.

Nous ne regardons que notre petit monde occidental, comme si notre niveau de vie ne dépendait que de nous. Malheureusement, notre richesse matérielle dépend d’autres pays dont nous exploitons les peuples et les ressources naturelles. Et nous laissons, dans ces pays, une pollution importante, que nous ne voudrions pas chez nous.

Dans nos pays « civilisés », nous nous contentons de recycler. Mais une grande quantité passe à l’incinérateur parce que nous ne faisons pas tous l’effort de trier correctement nos déchets. Nous rejetons ces responsabilités et obligations sur les pouvoirs publics. Ces déchets sont une preuve irréfutable que nous sur-consommons et que nous ne portons pas attention aux conséquences de nos actes, à notre impact sur l’environnement.

Les effets de notre obstination

• Pensons global. C’est l’exploitation inacceptable des hommes, des femmes et des enfants dans de nombreux pays en voie de développement pour que nous autres puissions jouir d’un niveau de vie élevé.

• Six fois la superficie de la France. C’est le continent plastique dans l’océan pacifique, un des résultats de notre entêtement à ne pas changer.

• Des trous gigantesques. Ce sont les sites d’extraction minière dans lesquels des ouvriers travaillent dans des conditions déplorables, aux dépends de leur santé, voire de leur vie. Ces métaux et minéraux tels qu’uranium, or, diamant, cuivre sont utilisés par nos industries modernes pour la conception de nos centrales nucléaires, de nos ordinateurs et I-phones, etc.

• Un grand bol d’air. Ce sont les milliards de micro-particules polluantes que nous respirons chaque jour partout dans le monde.

• Euphorie de la faune et la flore. Ce sont les animaux et les végétaux qui subissent de plein fouet nos excès. Ils portent en eux les traces de produits que nous consommons, plastiques, caoutchouc, produits chimiques.

Comment réagir ?

Continuer ? C’est la réaction de la majorité d’entre nous qui avons peur de retourner à l’âge des cavernes si nous abandonnons cette manne matérielle. Pourtant, s’arrêter quand nous ne sommes pas dans la justesse, changer de voie quand la première s’avère mauvaise, est une réaction positive saine qui permet le temps la réflexion.

« Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale d’être bien adapté à une société malade. » KRISHNAMURTI

Changer ? C’est la prise de conscience que nos comportements mettent en déséquilibre l’abondance de la vie et la biodiversité de la planète.

“Sois le changement que tu veux voir dans le monde” Gandhi.

Éduquer ? C’est le moyen qui engendre les changements de comportements. Cette éducation ne doit pas s’arrêter aux enfants, qu’elle soit scolaire ou socio-culturelle, mais s’étendre aux adultes. Elle doit passer par les médias, en éducation de masse. Télévision, radio et journaux devraient être mobilisés quotidiennement pour que les adultes que nous sommes, prennent conscience de leurs comportements addictifs et de leurs conséquences. L’éducation enracine les idées, les savoirs être, les savoirs faire. Elle nous montre, sans nous culpabiliser, que d’autres voies sont possibles.

Éduquer vient du mot latin ex ducere qui signifie faire sortir, conduire hors de.

Allons-nous devenir des Cro-Magnon ?

Si nous stoppons notre frénésie de consommateurs et que nous sommes capables de ne plus nous tourner vers ces chimères qui nous tiennent dans la dépendance, tout en améliorant notre technologie, nous tendrons vers des sociétés plus équilibrées. Apprenons à nous combler d’abord intérieurement. Ce qui déborde de nous ne pourra que combler les autres. Sommes-nous dans la société de l’avoir et du faire ou dans celle de l’être ? Dans la balance du bien-être, mettons-nous davantage de biens matériels ou de conscience éveillée ? Pourquoi croître sans cesse ? Existe-t-il une possibilité de nous comporter avec plus de justesse ?

Regardons nous dedans

Étouffés sous notre montagne de biens, regardons-nous dedans. Sachons extraire nos racines abîmées qui nous maintiennent dans la dépendance matérielle. Notre meilleur terreau est notre conscience. Apprenons cette démarche de retour à soi : un regard complaisant sur ce que nous sommes en vérité. La surconsommation n’est pas qu’une question politique, sociale ou économique, elle est d’abord un défaut de rapport à soi.

Ces propos n’engagent que leur auteur mais sont une base de réflexion pour les actions menées dans nos projets


Laurent Barile,
date de publication : 3 avril 2013,
date de dernière mise à jour : 3 avril 2013


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