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l’Irrationnel en sciences

Nombre de découvertes scientifiques sont le fruit d’une démarche irrationnelle en sciences. La rigueur scientifique, OUI. Une place pour laisser libre cours à notre imagination, AUSSI.

D’aucuns prétendent que les activités manuelles ne sont « utiles que les jours de pluie, en roue de secours ». C’est pourtant l’occasion d’apprendre un nouveau savoir faire, illustrer un savoir et développer un savoir être chez l’enfant patient. C’est aussi l’occasion de laisser libre cours à son imagination, moteur parfois des plus belles découvertes scientifiques !

« Le métier de chercheur est un monde à part (...) qui exclut l’enthousiasme. » Les éditions Autrement ont, en l’an 2000, une vision bien à eux de l’élaboration d’un savoir scientifique où la rigueur semble déshumaniser le chercheur. Un « homme machine » doué simplement des bases de la démarche scientifique (expérimentation,observation, hypothèse...) suffirait donc dans cette vision à produire un savoir.

Pourtant de nombreux exemples présentent l’imagination voir le hasard à l’origine d’une découverte scientifique majeure. Quelle est la place de l’irrationnel dans la pratique scientifique ?

 Chercher...sans chercher

« Messieurs, apprenons à rêver ! », lance Friedrich Kekulé lors de la présentation de sa découverte de la tétra valence du carbone. « Mais gardons nous de rendre publics nos rêves ». Avouer que c’est au cours d’un rêve que le secret de l’organisation de la molécule du benzène lui est venu, ne fait effectivement pas l’unanimité au prés de la communauté scientifique du 19e. Et pourtant le scientifique s’est bien endormi en regardant les flammes du feu de sa cheminée disparaître en prenant peu à peu la forme de serpents qui se mangeaient la queue. Cette découvert indispensable pour la formation de médicaments et plastiques en tous genres est bien le fruit de l’imagination débordante de ce chimiste allemand.

 L’illumination

illuminationL’histoire ne manque pas de scientifiques qui attribuent leur découverte à l’irrationnel. On connait tous le très célèbre « Eurêka » d’Archimède dont le récit de sa découverte mentionne que « le hasard lui révéla [la solution pour vérifier si la couronne du roi d’Hiéron était la vraie] et il bondit de joie ». Henri Poincaré dans son ouvrage Science et Méthode, 1908, suppose que le cerveau ne retient que ce qui est beau. L’esthétique mathématique prédominerait ainsi sur la démonstration. Que dire encore du physicien Zeeman qui fit sa célèbre découverte sur les raies spectrales...aux toilettes ! Charles Nicolle, qui reçut le prix nobel pour ses recherches sur le typhus, ira même jusqu’à condamner la démarche rationnelle : « l’illumination s’impose à la raison ».

 Place au rêve ?

Alors que penser de ces exemples ? Faut-il pour autant abandonner notre paillasse et nos propositions actuelles de sensibilisation à la démarche scientifique adaptée aux séjours scientifiques ? Non bien sûr, il ne s’agit pas de donner une version païenne de la création et Balzac dira d’ailleurs du hasard « qu’il ne visite jamais les sots » repris par Pasteur un peu plus tard selon ses propres mots :« le hasard ne profite qu’aux esprits préparés ». Prêtons donc attention à l’illusion rétrospective de la chance, puisqu’un travail intellectuel antérieur et postérieur à la découverte reste de mise. En effet, il faut toujours au chercheur la capacité de reconnaître le potentiel que ce qu’il vient d’observer est exploitable !

Notons cependant que ces découvertes fortuites sont toutes apparues au cours d’évènements de la vie de tous les jours (Poincaré était victime d’illuminations permanentes le surprenant par exemple à la terrasse d’un café). Ne dénigrons donc pas la place qu’occupe nos AES (activités extra scientifiques) dans l’élaboration du savoir scientifique de nos enfants.

 Vive les activités manuelles

Une activité manuelle permettra par exemple de laisser l’enfant libre de faire fonctionner son imagination et qui sait peut-être d’établir une connexion fortuite entre deux idées parmi la masse informationnelle rendue libre de tout carcan intellectuel.

 Après-propos

- Attention, une activité manuelle peut très bien s’intellectualiser voir prendre la forme d’une approche scientifique.
- Il existe de nombreux autres objectifs pédagogiques associés aux activités manuelles tels que le développement d’un savoir être chez l’enfant (responsabilisation, travail en groupe...), l’apprentissage d’un savoir faire (utilisation d’un cutter), l’illustration d’un savoir (maquette...).
- Que dire de la relation qu’entretiennent les arts aux sciences ?



Theo MICHEL,
date de publication : 11 juin 2012,
date de dernière mise à jour : 11 janvier 2011


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