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De la fiction à la science, de la science-fiction

Conduire les auditeurs ou lecteurs d’un roman de science-fiction à valider ou invalider les hypothèses scientifiques de l’auteur. Utiliser tous les outils multimédias pour donner le goût d’entrer dans la fiction







Cet article peut être la base d’illustrations de formes que peut prendre la médiation des Sciences. Possédant sa place sur un site comme celui-là, il mérite d’être intégré dans un regroupement d’articles permettant d’ouvrir les horizons des médiateurs. Notre structure invite les lecteurs à partager leurs expériences afin d’enrichir cet espace.

Hélène Montarde publie de 2007 à 2009 un roman de science-fiction en trois tomes destiné à un public âgé de 12 ans et plus. Il est édité chez Rageot jeunesse et s’intitule Océania.

Résumé :

Flavia vit en Bretagne auprès de son grand-père, dans un temps où le réchauffement climatique a modifié la géographie physique de la planète. L’eau submerge les terres, la population sur réfugie dans les terres. Le grand-père de l’adolescente incite celle-ci à quitter la France pour New York, ville protégée des eaux par mur, une digue. Ce voyage sera l’occasion pour elle de découvrir :
- son don : elle communique avec les oiseaux
- ses parents physiciens et sa soeur jumelle
- l’amour
- la richesse des relations humaines
- le sens du voyage. Elle découvre les extrêmes polaires et une île du Pacifique

D’un point de vue pédagogique quels sont les potentiels d’un tel support ?

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L’ensoleillement, un acteur du climat
Aut : Matthias Loster 2006

1. De la fiction à la science

 1.1. La climatologie :

Le lecteur découvre ce qui pourrait résulter du réchauffement climatique et la fonte des glaces.

L’auteur décrit :
- la puissance des océans et la digue qui protège New-york.
- l’Europe au prise à une phase de glaciation
- Laluk, une île fictive située dans l’Océan pacifique

Ces situations et ces paysages imaginés sont-ils plausibles ? La rencontre avec un climatologue pourrait aider le lecteur à valider ou invalider les hypothèses émises. Il est à noter que l’auteur remercie Samuel Somot, climatologue pour la relecture de son texte.

 1.2. Les thèses de physique quantique sur la notion du temps :

Les parents de Flavia sont physiciens, la romancière aborde la théorie de la physique quantique et de la notion du temps d’un point physique.

Les théories développées gagneraient à être reprises, davantage explicitées. Qu’est-ce que « le temps » ?

 1.3. L’énergie des étoiles

Ces chercheurs découvrent l’énergie des étoiles et sont kidnappés par un groupe industriel.

« Les étoiles sont constituées d’atomes d’hydrogène qui se rassemblent. En se rassemblant, il subissent une perte de matière qui dégage une formidable énergie qui a l’avantage de ne pas produire de déchets. Restait à domestiquer cette énorme puissance et à la rendre utilisable au quotidien. Nous avons mis des année à y parvenir. » Montarde, Hélène. Sur les ailes du vent. Rageot, 2009 p. 349.

Cette application est-elle scientifiquement envisageable ? Là encore, il est à noter que l’auteur remercie Jean-Michel Masson, professeur des universités ; INSA de Toulouse et Joël Juge, agrégé de mathématiques.

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Circumpolaire, reflet de la rotation terreste
Photo : Mathey Jerome - OSI

 1.4. L’ornithologie

Deux types d’oiseaux jouent un rôle important dans le récit : des mouettes et des oies des neiges Flavia communique avec ces oiseaux qui la guident et l’aident lorsqu’elle est en situation de détresse. Philippe J Dubois, ornithologue (LPO) a accompagné l’auteur dans la rédaction de ce récit. Les oiseaux migrateurs sont décrits, leurs modes de communication mis en scène. On pourrait, après lecture des passages de nature éthologique, approfondir ces notions par le biais d’observations ou de projections.

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Cartographie de la Pollution lumineuse

 1.5. La cartographie, l’appréhension de l’espace terrestre

A travers ces trois tomes, le lecteur voyage d’Europe, en Amérique et termine son périple dans les eaux du Pacifique.

Il serait intéressant de tracer ces voyages sur une planisphère, de mesurer leurs distances, d’en effectuer un survol via « google maps » par exemple

2. Que faire du potentiel de ce roman ?

Plusieurs possibilités apparaissent :

Le roman, support impulsant des activités scientifiques

Le roman, complément ludique d’un séjour

 2.1. Le roman peut être un support impulsant des activités scientifiques

Nous avons pointé les 5 disciplines scientifiques utilisées par l’auteur :

- la climatologie
- la notion de temps et la physique quantique
- l’astronomie
- l’ornithologie
- la cartographie. Au fil de la lecture du roman, il serait judicieux d’apporter des compléments aux informations données, de les compléter, de les valider ou invalider.

Observations d’oiseaux migrateurs, observations astrologiques, manipulations cartographiques sont autant de possibles.

En parallèle, il est envisageable de donner corps aux personnages rencontrés en :
- filmant certaines scènes
- en composant une musique de film
- en peignant ou modelant les différents personnages
- en réalisant un sociogramme.

Il serait intéressant d’alterner, au fil de la lecture, toutes les techniques relatives aux arts.

Cette lecture, nécessairement tronquée, vu la taille du texte, pourrait d’ailleurs prendre toutes les variétés offertes : à voix haute par les adolescents, par les animateurs, par les intervenants ponctuels, en lecture interne en utilisant des lieux propices (cabanes, nature, temps des repas ...)

 2.2. Le roman, complément ludique d’un séjour

Il n’est pas nécessaire de procéder à une lecture exhaustive du texte, de l’utiliser comme fil conducteur d’un séjour. L’oeuvre peut également arriver en complément d’un séjour scientifique. Elle sera alors le « feuilleton » utilisé aux moments de latences, de pauses, de repas, de soirées, de déplacements.

Il peut apparaitre de façon ludique :

- une lettre écrite à chaque participant, comportant des indices, la photocopie d’un chapitre
- un chapitre trouvé sous l’oreiller
- une plume posée près de couverts au moment du repas
- une carte affichée en salle de repas, traçant le périple des héros leur position au fil des lectures
- un « faux 20 heures » annonçant la rupture de la digue
- l’arrivée inopinée au centre, in live, sur sa machine volante, d’un personnage de l’intrigue.



Hanna KLEINE-WEISCHEDE, Jerome MATHEY, pascale.gossin,
date de publication : 28 février 2015,
date de dernière mise à jour : 8 février 2011


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